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Accenteur montanelle | Prunella montanella

Bergheggenmus | Siberian Accentor | Acentor siberiano | Bergbraunelle | סתרי סיבירי

En octobre 2016, l'Europe occidentale a connu un afflux sans précédent. Un oiseau de la taïga sibérienne, dont à peine une trentaine d'individus avaient été observés en Europe en un siècle et demi, est apparu en quelques semaines dans des centaines de localités. L'accenteur montanelle est un petit accenteur au large sourcil ocre surmontant une joue noirâtre ; les oiseaux qui atteignent l'Europe sont généralement peu farouches.

Accenteur montanelle (Prunella montanella)
Photo: redeyedvideo — CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Voix

En Europe, seul le cri s'entend : un ti-ti-ti aigu, fin, légèrement argentin, en trois syllabes rapides, rappelant un pipit mais plus court et plus sec, émis typiquement à l'envol. Les oiseaux dérangés y ajoutent un fin trille roulé. Le chant, qui ne s'entend pas en Europe, est un chiri-chiri-chiri court, aigu et clair, rapide et un peu strident, émis du sommet d'un mélèze ou d'un saule.

Écouter: CallXC115095

Enregistrement: Grant Fisher — CC BY-NC-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Identification

Un peu plus petit et plus compact que l'accenteur mouchet, et de teinte nettement plus chaude. La tête est le principal critère : calotte brun noirâtre et tache auriculaire tout aussi sombre, séparées par un sourcil large et long, ocre-jaune soutenu, qui s'étend de la base du bec jusque loin en arrière de l'œil et remonte à l'arrière. Gorge, poitrine et flancs ocre à orange crème, les flancs avec des stries cannelle diffuses ; le dos est brun chaud strié de noir et l'aile fermée montre deux barres alaires claires étroites. Le bec est fin, droit, pointu et sombre ; les pattes sont rosâtres à brun rougeâtre. L'iris est brun-rouge chaud, avec un cercle orbital clair étroit. Sexes semblables, les femelles ayant en moyenne une poitrine plus terne. Presque tous les oiseaux qui atteignent l'Europe sont des individus de premier hiver : motif céphalique un peu moins net, fines taches sombres sur les côtés de la poitrine.

Espèces prêtant à confusion

L'accenteur mouchet est gris là où cette espèce est ocre, n'a aucune joue noire et tout au plus un sourcil peu marqué. L'accenteur alpin est beaucoup plus grand et plus lourd, à tête et poitrine grises, avec une gorge blanche tachetée de noir. La principale source de confusion ne figure pas dans ce guide : l'accenteur à gorge noire Prunella atrogularis, de l'Oural et d'Asie centrale, occasionnel tout aussi rare, présente exactement le même motif céphalique, mais une gorge noire ou marbrée de sombre et des parties inférieures plus froides, moins orangées. Hors de la famille, le bruant rustique est la confusion la plus fréquente : il arrive les mêmes semaines, de la même direction, et présente lui aussi des teintes chaudes, mais il a un bec conique, une petite huppe pointue, une poitrine striée et des rectrices externes blanches. Face à tout oiseau brunâtre qui sort de sous une ronce, le bec est le critère le plus rapide : fin et pointu chez tous les accenteurs, court et conique chez tous les moineaux et bruants.

Habitat

Niche dans les fourrés et les forêts claires de la taïga sibérienne et de la toundra boisée : fourrés de saules et de bouleaux le long des ruisseaux et en bordure des tourbières, forêts claires de mélèzes et d'épicéas à sous-bois dense, et derniers bouquets d'arbres à la limite forestière. Il se nourrit au sol, sur terrain humide, parmi les mousses, les herbacées et les arbustes nains. Dans ses quartiers d'hiver, il fréquente les buissons et haies au bord des ruisseaux, les prairies sèches et les bosquets. Les occasionnels en Europe choisissent des milieux comparables : orties et ronces le long d'une digue, broussailles sur un quai, une carrière, des jardins familiaux, un tas de compost ou la lisière des fourrés dunaires — presque toujours une végétation basse et dense, avec un sol nu en dessous.

Là où l'oiseau se trouve le plus souvent, selon la classification EUNIS — la norme européenne pour les habitats.

Répartition et migrations

Niche dans tout le nord de l'Asie, de l'Oural au Pacifique, avec un prolongement méridional à travers la Sibérie, et hiverne en Asie orientale ; sa migration normale est donc presque perpendiculaire à la route vers l'Europe. Avant 2015, on comptait au total une trentaine de données européennes. Octobre et début novembre 2016 ont apporté un afflux sans précédent : au moins deux cent trente oiseaux. Les automnes favorables suivants ont fourni quelques individus isolés, mais jamais de tels effectifs. La période s'étend de début octobre à mi-novembre, la plupart des données provenant des côtes et des îles de la mer du Nord et de la Baltique. Il n'existe aucune donnée homologuée pour la péninsule Ibérique.

Comment et quand observer

Pour observer cette espèce, un déplacement est généralement nécessaire. Suivez les services d'information de fin septembre à mi-novembre : un oiseau qui a trouvé un coin favorable reste souvent plusieurs jours ou semaines ; la plupart sont peu farouches et continuent à se nourrir à quelques mètres. Pour en trouver un vous-même, prospectez les bordures en friche d'une île des Wadden dans la seconde quinzaine d'octobre, après une longue période de vents d'est : orties, ronces et argousiers le long des chemins, jardins familiaux, fonds de carrière, recoins à l'arrière des villages et murs de quais. Écoutez le fin ti-ti-ti et, face à tout oiseau brun qui s'éloigne au ras du sol, regardez d'abord la tête. Un large sourcil ocre au-dessus d'une joue noire permet l'identification à dix mètres ; la poitrine ocre et le bec fin la confirment.

Statut de conservation

Non menacé. L'aire de nidification est immense et en grande partie inhabitée, la population est estimée à plusieurs millions d'oiseaux et aucun déclin n'est constaté. Dans la zone couverte par ce guide, il reste un occasionnel : aucune partie de la carte ne l'accueille régulièrement, et les données existantes concernent des oiseaux isolés égarés. Aucune explication de l'afflux de 2016 ne fait consensus ; l'interprétation habituelle associe une saison de reproduction particulièrement productive à un flux d'est persistant.

Nom scientifique

Prunella montanella | (Pallas, 1776)

Pallas a décrit l'espèce en 1776 sous le nom de Motacilla montanella ; comme elle a ensuite été placée dans un autre genre, l'auteur et l'année figurent entre parenthèses. Le genre Prunella a été créé en 1816 par Vieillot. Prunella vient de l'allemand Braunelle, le nom de l'accenteur mouchet, diminutif de braun « brun ». montanella est un diminutif du latin montanus « des montagnes » : « petit oiseau des montagnes ». Le spécimen sur lequel repose la description originale provenait de Transbaïkalie, Sibérie.