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Pigeon biset | Columba livia
Rotsduif | Rock Pigeon | Paloma bravía | Felsentaube | יונת סלעים
L'espèce sauvage dont descendent tous les pigeons des villes vit encore en Europe à l'état réellement sauvage, sur les falaises maritimes et dans les gorges rocheuses. Là, loin de toute place urbaine, des pigeons gris-bleu nettement marqués, au croupion blanc, longent la paroi en vol.
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Voix
Un roucoulement roulé et gémissant, renvoyé en écho par la paroi rocheuse, oo-rooh-coo, accentué sur la deuxième syllabe et s'éteignant lentement. Il s'entend toute l'année, le plus fréquemment de février à juin. À l'envol, les ailes claquent fortement l'une contre l'autre, un bruit qui signale souvent l'oiseau avant qu'on ne le voie.
Enregistrement: Marie-Lan Taÿ Pamart — CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Identification
Pigeon gris-bleu avec deux barres alaires noires nettes, un reflet vert et pourpre sur les côtés du cou, une bande terminale sombre à la queue et un croupion blanc pur, bien visible en vol. Le dessous de l'aile est blanc et contraste fortement avec les rémiges primaires sombres. Les oiseaux sauvages purs se ressemblent tous beaucoup ; les pigeons des villes retournés à l'état sauvage varient du noir au blanc en passant par le pie.
Espèces prêtant à confusion
Le pigeon colombin est plus petit et plus sombre, n'a pas de croupion blanc et ne montre que de courtes barres alaires interrompues et un dessous de l'aile gris. Le pigeon ramier est nettement plus grand, avec une tache blanche au cou et une bande blanche sur l'aile. La principale difficulté tient aux populations férales : seuls les oiseaux au croupion entièrement blanc, aux deux barres noires complètes et au dessous de l'aile blanc peuvent être considérés comme sauvages.
Habitat
Falaises maritimes abruptes, escarpements calcaires, gorges et grottes, avec à proximité des champs de céréales, des chaumes et des pelouses rases pâturées pour l'alimentation. À l'intérieur des terres, il s'installe dans des ruines, des clochers et de vieux ponts. Les oiseaux féraux reproduisent le même schéma dans le béton : les bâtiments tiennent lieu de falaises, les places et les ports de terres cultivées.
Là où l'oiseau se trouve le plus souvent, selon la classification EUNIS — la norme européenne pour les habitats.
Répartition et migrations
Le pigeon biset sauvage niche le long des côtes de l'Écosse, de l'île d'Irlande et de la Méditerranée, ainsi que dans les massifs rocheux de la péninsule Ibérique, qui abrite encore des populations assez pures. La côte sud de la mer du Nord n'héberge aucun pigeon biset sauvage : tous les oiseaux qui s'y trouvent descendent de pigeons voyageurs et d'ornement échappés, retournés à l'état sauvage dans les villes, les ports et sous les viaducs.
- Sédentaire
- Nicheur (été)
- Hiver
- Passage
- foncé = aire principale, clair = présence dispersée
Comment et quand observer
Prospectez une falaise côtière abrupte en Écosse ou dans la péninsule Ibérique en mai, tôt le matin, lorsque les pigeons quittent les grottes-dortoirs pour les champs. Vérifiez dans chaque groupe le croupion blanc et le dessous de l'aile blanc, et appliquez des critères stricts : une seule plume brune ou blanche indique déjà une ascendance férale dans la lignée.
Statut de conservation
L'espèce dans son ensemble est abondante et non menacée, mais la forme sauvage pure régresse du fait de croisements continus avec les pigeons féraux. La disparition de la petite agriculture céréalière près des falaises et l'obturation des cavités des vieux bâtiments réduisent les sites de nidification. En ville, la situation est inverse : la gestion y est déterminée par les nuisances et les mesures de régulation.
Nom scientifique
Columba livia | Gmelin, 1789
Gmelin a décrit l'espèce en 1789 et l'a placée d'emblée dans le genre où elle se trouve toujours. Le genre Columba a été créé en 1758 par Linnaeus. Columba est un mot latin signifiant « pigeon » et remonte au grec kolumbos « plongeur », de kolumbaō « plonger, nager » ; les auteurs classiques l'employaient pour le pigeon biset, d'après le mouvement de nage de ses ailes en vol. livia est une variante en latin médiéval de livida « livide, gris bleuâtre », traduction par Théodore Gaza du grec peleia « colombe », lui-même dérivé de pellos « de couleur sombre ». Le spécimen sur lequel repose la description originale provenait de sud de l'Europe.




